La Lettre de la Gestion Privée n°5

La Lettre de la gestion Privée numéro 5

Comme bien souvent, et c’est une des caractéristiques récurrentes de notre beau métier, les prédictions des augures pour ces six derniers mois se sont avérées assez largement éloignées de la réalité.

Les Etats-Unis, chèrement valorisés en fin de cycle, devaient pâtir de l’élection de Donald Trump et le dollar se raffermir ; le dollar a plutôt baissé contre Euro ; le S&P 500 et le NASDAQ ont continué à progresser. Nous avons eu tendance à alléger.

La hausse inéluctable des taux courts doit restaurer les marges de manoeuvre de la Réserve Fédérale. Ceci devait désorganiser les pays émergents endettés en dollar. Pour l’instant, force est de constater que ce sont eux, surtout en Asie, qui ont mené la danse depuis le début de 2017, grâce à leur croissance intrinsèque, et malgré le renchérissement des coûts de l’énergie. Nous conservons pour l’instant l’essentiel de nos
positions.

Nous pourrions multiplier les exemples de ce type mais l’enseignement que nous devons en tirer est double :

1) Ne pas dépendre pour son allocation d’actifs d’une prévision toujours aléatoire :

Etre capables, par professionnalisme, de reconstituer nos réserves de liquidités même et surtout lorsque tous les indicateurs sont au vert. La planète entière dispose maintenant des mêmes informations au même moment, il ne faut donc pas prétendre être capables de céder nos positions les plus volatiles lorsque des informations moins favorables apparaitront subitement.

2) Ne pas surestimer le risque politique que les marchés remettent rapidement à sa juste place, ni le sous-estimer sur le plan moral, comme c’est actuellement le cas :

Savoir prendre ce qu’il faut de recul, non pas pour évaluer la probabilité ou non de la sortie de la Grande-Bretagne de l’UE, l’élection de tel ou telle en France, mais plutôt évaluer l’impact réel que tel évènement, par définition imprévisible, aurait sur les résultats des sociétés choisies par vos
gérants.

Il est en général assez faible à court terme et les dirigeants des sociétés composant les fonds que vous détenez ont le loisir de s’adapter. Ils le font du reste en permanence avec bien d’autres paramètres beaucoup plus déterminants pour eux : la concurrence, les prix des matières premières, de la main d’oeuvre, du fret, de l’énergie, des devises…

Les marchés européens étant relativement moins chers, nous maintenons pour l’instant notre exposition. Il faut toujours s’efforcer d’avoir une approche de long terme à la fois sur les titres, les gérants, les marchés, les devises que l’on pourrait conserver en période de vents contraires,
et constamment mettre à profit les excès pour remodeler notre exposition, à froid !

Christophe Letellier
Membre du Directoire — Gérant
Auris Gestion