La Lettre de la Gestion Privée n°6

La Lettre de la gestion Privée numéro 6

Le second trimestre a vu un retour en grâce de l’idée que l’Europe n’était finalement pas morte, ni sur le plan politique, ni sur le plan économique : c’est en soi considérable !

Si on observait une amélioration significative des fondamentaux européens depuis six mois, les nuages politiques, avant les élections françaises qui ont servi de catalyseur, n’étaient pas dissipés, et bridaient l’enthousiasme des acheteurs; la valorisation généreuse des marchés américains et la psychologie des foules ont débloqué cette situation.

On se réjouit donc maintenant de l’alignement favorable des planètes, mais en même temps, l’économie mondiale reste beaucoup trop tributaire de la volatilité des prix de l’énergie et de la confiance dans la politique des banques centrales.

Celles-ci aimeraient bien remonter les taux pour avoir un levier lors de la prochaine crise mais en même temps, sont partagées sur la qualité de l’inflation qu’elles considèrent comme trop faible pour rassurer sur la solidité de la croissance : dilemme !

Le retour des investisseurs étrangers qui étaient massivement sortis des actions européennes, a engendré un rééquilibrage probablement assez largement engagé.

Il faudra d’autres bonnes nouvelles pour justifier une poursuite de la hausse des indices. C’est ce que sont en train de nous dire les marchés qui, prudemment, consolident avant l’été.

Le dollar a reperdu près de 10 % contre euro depuis le début de l’année; c’est également un soulagement relatif pour les pays émergents, dont la dette aurait pu devenir une préoccupation, et pour les pays non producteurs d’hydrocarbures; nous avons toujours globalement confiance dans leur dynamisme.

Au final, et après la hausse de ce début d’année, il convient tout de même d’être plus que jamais circonspects. Un peu plus de liquidité, même peu ou pas rémunérée, n’est pas forcément une mauvaise solution avant d’y voir plus clair et de vérifier que la hausse - inéluctable - des taux ne perturbe pas trop tôt le rythme timide de la croissance mondiale.

Christophe Letellier
Membre du Directoire — Gérant
Auris Gestion