La Lettre de la Gestion Privée n°4

La Lettre de la gestion Privée numéro 4

A la charnière de deux années, je constate que les événements de l’histoire ne se répètent pas toujours, mais que de nouveaux paradigmes apparaissent, dont la persistance est elle-même incertaine.
Parmi les vérités qui finissent par prendre racine, nous trouvons les sondages régulièrement contredits, l’incertitude géopolitique devenue une constante de notre village mondial…
Les armes utilisées changent aussi : entente pétrolière élargie aux pays non-OPEP, protectionnismes naissants s’appuyant, au choix, sur la hausse des tarifs douaniers, le dumping fiscal, la guerre des changes, la politique migratoire...
Plus surprenante encore est l’ampleur des conséquences de certains événements sur les marchés financiers :
la transmission immédiate de l’information et la dichotomie entre son analyse à chaud puis à froid, permet à une crainte
d’en chasser une autre, à la perception d’un danger de se transformer en anticipation d’une opportunité…

Feu 2016 s’inscrit bien dans cette trame parfois déroutante.

En effet, le début d’année fut marqué par un repli des marchés d’actions, secteur des matières premières en tête, dans un climat de crainte d’une faiblesse de la croissance chinoise…donc mondiale.
En mars, les décisions rassurantes de la BCE estompèrent les anticipations déflationnistes. En allongeant la liste des titres éligibles à son programme de rachat, plutôt que de baisser les taux, elle permit un vif rebond du secteur bancaire.
Ce regain d’appétit pour le risque se diffusa cependant de manière très différente de part et d’autre de l’Atlantique.
Aux Etats-Unis, la hausse des indices actions tira profit de l’acceptation d’un resserrement monétaire, perçu comme prudent et progressif, comme de la bonne tenue des secteurs de la consommation et de l’immobilier.
A l’inverse, les actions européennes peinèrent à digérer leurs faiblesses sectorielles (banques italiennes,…) ou géopolitiques (Brexit, élections autrichiennes et référendum italien…)
Passé le cap de l’élection américaine, un rallye européen s’invita cependant in-extremis en fin d’année.
En prévision du redémarrage des secteurs domestiques américains (énergie, infrastructures) et considérant un marché du travail déjà tendu, le réveil des anticipations d’inflation se confirma aux Etats-Unis et se propagea en Europe.

En parallèle, une « pentification » salutaire de la courbe des taux, favorable au secteur bancaire, précipita des réallocations importantes des obligations vers les actions, ainsi qu’une rotation sectorielle très marquée au sein de ces dernières.

Les entreprises à la croissance pérenne et offrant des bilans de qualité furent délaissées au profit des secteurs cycliques et des titres « value », qui vinrent nourrir un mouvement de hausse, à la faveur d’un effet de rattrapage.
Dans ce contexte, les marchés émergents se trouvèrent confrontés à la menace d’un dollar fort et à la montée possible du protectionnisme américain ; certains pays furent contraints de défendre la valeur de leur devise par des hausses de taux pénalisant leur croissance. A l’inverse, les exportateurs de pétrole tireront plus facilement leur épingle du jeu.

Nous abordons 2017 avec l’espoir que la relance budgétaire américaine -qui a servi fin 2016 de catalyseur aux marchés et a déjà provoqué des réallocations d’actifs significatives poursuive ses effets positifs, tout en évitant les déceptions. Les promesses électorales du Président élu pourraient en effet se heurter, si ce n’est au Congrès américain, a minima aux réalités budgétaires…

Les défis qui nous attendent incluent donc la résurgence de l’inflation et la réduction progressive des politiques monétaires accommodantes.

Cela étant, nous pouvons imaginer les effets positifs d’un abandon enfin possible des politiques d’austérité, à la faveur de réformes structurelles et de stimuli fiscaux, sous l’oeil attentif d’une BCE qui, comme le conclut Alexandre Hezez ci-après, aura un rôle d’accompagnement important à jouer, pour maintenir des taux bas aussi longtemps que nécessaire à la réalisation des missions réformatrices des responsables politiques.
Quant à l’allocation géographique, notre défi sera de mettre le curseur au bon endroit pour faire la part des choses entre les risques de montée des protectionnismes d’un côté de l’atlantique, et de résurgence en Europe des réactions antisystème lors des prochaines échéances européennes.
Quant aux choix sectoriels, nous resterons attentifs aux secteur financier, dont la santé est indispensable à la bonne tenue de l’économie européenne. En effet, le processus de reflation de la BCE s’est articulé en trois temps : octroi de prêts (2011-13) afin de limiter la crise de liquidité, achats massifs d’actifs (2014-16) pour favoriser l’investissement et entamer les réformes structurelles des Etats, « repentification » de la courbe des taux (été 2016), favorable aux banques commerciales, qui constituent la principale courroie de transmission de la politique monétaire.

Préparer l’avenir étant aussi du ressort de chacun d’entre nous, Alexandre Mangon, Directeur de l’ingénierie patrimoniale, vous fixe ci-après l’univers des possibles pour orienter vos choix de transmission du patrimoine et vous offre ses services au sein d’Auris Advisors.

Meilleurs voeux !
Nicolas Walther
Directeur Général
Auris Gestion