Rien ne peut ébranler la nation chinoise

Telle était la proclamation de Xi Jinping au 70ème anniversaire du régime. Si les coups de boutoir des vagues « covidiennes » ne cessent de décaler la reprise économique mondiale, force est en effet de constater que la Chine y est totalement immune et ressort comme l’unique grand gagnant de cette crise qui ne l’aura, économiquement parlant, finalement peu (pas) touchée. Seul pays du G20 à afficher une croissance positive, la Chine finit l’année 2020 avec une croissance annuelle de +2.3% portée par un 4ème trimestre plus dynamique qu’attendu (+6.5% de croissance en rythme annualisé contre +6.1% attendue et +4.9% au 3ème trimestre). Dans le détail, et malgré l’appréciation de la devise chinoise, les exportations sont restées très dynamiques (+7.3% pour la production industrielle en décembre) alors que la consommation a légèrement marqué le pas, en lien avec les quelques reconfinements locaux et l’impact négatif que cela implique sur la confiance des ménages.

Si certains argueront qu’il s’agit de la plus faible croissance chinoise depuis plus de 40 ans, la trajectoire du pays de Xi Jinping n’aura finalement pas subi les affres de la crise. En effet, avec une croissance estimée à environ 8% cette année, le PIB chinois devrait s’établir fin 2021 peu ou prou au niveau anticipé par les économistes fin 2019, soit avant la crise. Avec le coup d’arrêt plus marqué de l’économie américaine en 2020, le PIB chinois rattrapera le PIB américain plus rapidement que prévu, avant la fin de la décennie selon les analystes, alors qu’il était de sept fois inférieur en 2001 lorsque la Chine a adhéré à l’OMC et que, par ailleurs, la Chine vise à doubler son PIB d’ici 2035, soit une croissance annuelle sur la période de l’ordre de 5%.

Aux Etats-Unis, la situation économique est légèrement différente. Pour le troisième mois d’affilée, les ventes au détail américaines sont ressorties en baisse à     -0.7% (contre 0% attendues) et le marché de l’emploi marque clairement le pas avec des inscriptions hebdomadaires au chômage une nouvelle fois sous les attentes. Conscient de ce fléchissement, Joe Biden a décidé de sortir les grands moyens en dévoilant un ambitieux plan de relance (qui viendrait en complément des 900 milliards de dollars déjà votés) et qui pose les premiers jalons de son mandat. Ce nouveau plan de 1 900 milliards de dollars (soit environ 10% du PIB américain) servirait, pour près de la moitié, à soutenir la consommation des ménages, contributeur majeur à la croissance américaine, en augmentant notamment le montant du chèque distribué aux ménages américains de 600$ à 2 000$ (pour les salaires inférieurs à 75k$). Les aides pour les demandeurs d’emplois seraient également revues à la hausse et les principales mesures déjà en place seraient prolongées jusqu’à septembre. Une mise en place rapide de ce plan nécessite un vote à la majorité qualifiée (donc convaincre 10 sénateurs Républicains) ce qui pose la question du timing alors que la procédure de destitution de Donald Trump pourrait accaparer les débats. Nul doute que les discussions devraient rester houleuses alors que ce plan ne constitue que la première phase du mandat Biden avant, selon son programme, des grands plans d’investissement pour les infrastructures et le climat ou encore une revue de la fiscalité.

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