RDV du lundi

Un PIB sous le sapin pour l’économie américaine

Le 29/12/2025

Publié avec près de deux mois de retard en raison du shutdown, le PIB américain du troisième trimestre n’a pas déçu. L’économie américaine a de nouveau fait preuve d’une résilience remarquable, enregistrant sa plus forte accélération trimestrielle depuis deux ans. La croissance a nettement dépassé les attentes au T3-2025 (+4,3 % en rythme annualisé, après +3,8 % au T2 et contre +3,3 % attendu), portée notamment par un recul des importations et par la solidité de la demande intérieure. La consommation des ménages demeure robuste (+2,6 % en glissement annuel, après +2,7 % au trimestre précédent), au prix toutefois d’un important puisement dans l’épargne. Les exportations ont également contribué positivement à la croissance, tout comme la reprise des dépenses publiques.

L’investissement privé reste quant à lui soutenu par les dépenses liées à l’intelligence artificielle (+2,6 % sur un an, après +2,7 % au T2). Face à ces chiffres, Donald Trump n’a pas caché son enthousiasme, estimant que « l’âge d’or économique de Trump était lancé à TOUTE vapeur ». Pour autant, derrière ces chiffres flatteurs, les inégalités ne cessent de se creuser. Les revenus des ménages ont en effet progressé plus lentement, d’où la nécessité de puiser dans l’épargne pour maintenir le niveau de consommation. Les marchés financiers affectionnent particulièrement les lettres pour décrire l’évolution d’une économie, et c’est ici clairement un scénario en « K » qui se dessine : deux trajectoires opposées, l’une pour les ménages aisés dont la situation continue de s’améliorer, l’autre pour les ménages plus modestes dont la situation se détériore. Ces derniers devraient néanmoins bénéficier en 2026 de la montée en puissance du soutien budgétaire, qui devrait favoriser la consommation, à l’image de l’exonération de taxes déjà effective sur les pourboires payés par carte bancaire, avant l’entrée en vigueur début 2026 d’une déduction fiscale pour les pourboires déclarés et payés en espèces.

En Europe, Noël rime avec discussions budgétaires. En France, le Parlement a adopté à l’unanimité le projet de loi spéciale, dont l’objectif est de doter le pays d’un budget dès le mois de janvier, avec un déficit maintenu sous la barre des 5 % du PIB. Ce dispositif, qui reconduit automatiquement les équilibres de 2025 fait écho à la situation espagnole, où la fragmentation politique conduit à proroger le budget 2023, parfois sans même présenter de nouveau projet. Disposer d’une majorité ne garantit néanmoins pas un exercice budgétaire fluide. L’Italie en offre l’illustration : malgré une large assise parlementaire, l’examen du texte au Sénat s’est déroulé dans un climat électrique, ponctué de trois suspensions de séance. Après son adoption par la chambre haute, le budget doit désormais être voté par l’Assemblée d’ici le 31 décembre. Le texte prévoit de ramener le déficit public à 2,8 % du PIB en 2026, un niveau qui permettrait à l’Italie de sortir dès l’an prochain de la procédure européenne pour déficit excessif.

Enfin, les tensions géopolitiques devraient rester prégnantes en 2026. Pékin semble vouloir réaffirmer ses revendications sur Taïwan et a lancé lundi une vaste série d’exercices militaires autour de l’île, fermement condamnés par Taipei. Sur le front ukrainien, Kiev a présenté un nouveau plan en vingt points, mais la rencontre à Mar-a-Lago entre les présidents américain et ukrainien n’a pas permis d’avancée significative. De nouvelles discussions sont prévues l’an prochain, alors que l’adhésion de Moscou demeure incertaine, compliquant le chemin vers la paix.

Sur ce, nous profitons de ces quelques lignes, pour vous souhaiter de joyeuses fêtes et une belle année 2026. 

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Romane Ballin

Rédigé par :

Romane
Ballin


Gérante Obligataire​​​​​​​

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