Les banques centrales « au centre du jeu »

L’économie, comme les marchés, continue de vivre au rythme du « stop and go » et s’il avait fallu un peu plus d’un mois l’année dernière pour remettre en cause les prévisions macroéconomiques, suite à l’apparition de la crise de la Covid-19, le scénario des investisseurs pour cette année semble déjà avoir pris un peu de plomb dans l’aile après seulement quelques semaines. Le fautif : encore et toujours, le coronavirus, ou plus exactement ses variants qui semblent se multiplier (anglais, sud-africain, brésilien, …). La course contre la montre est donc lancée entre vaccination de masse et propagation du virus. Car, si les vaccins semblent pour l’heure toujours efficaces, sur ces nouvelles versions du virus, rien ne dit que se sera toujours le cas pour les très probables prochaines mutations.

Si la France fait encore pour le moment exception, une large partie de nos voisins a, une nouvelle fois, repris le chemin du confinement pour tenter de juguler l’épidémie et l’impact économique en est malheureusement quasi-immédiat, notamment dans le secteur des services (l’industrie reste en effet portée par la bonne tenue du commerce mondial et un effet d’inertie plus important). Les indicateurs d’activité de la zone euro pour le mois de janvier confirment cette tendance avec un PMI services et composite un nouvelle fois en phase de contraction. Seule l’Allemagne arrive à maintenir un PMI composite à l’équilibre grâce à la force de son industrie. Cette relative résilience n’a pas empêché le gouvernent allemand de (déjà) revoir à la baisse ses prévisions de croissance pour 2021 de 4.4% à 3%. Après -5% en 2020, on est loin du scénario d’une reprise en V.

Pour maintenir le navire à flot, gouvernements et banquiers centraux n’ont pas d’autre choix que de poursuivre leur plan de soutien à l’économie. Malheureusement, les plans de relance budgétaire se heurtent trop souvent aux blocages politiques ce qui ralentit considérablement leur vitesse de mise en place. Même aux Etats-Unis où les Démocrates disposent de la majorité aux deux Chambres, le nouveau plan de relance de Joe Biden (qui porterait les mesures totales de relance alors à quasiment 25% du PIB depuis le début de la crise) menace déjà d’être bloqué par les élus républicains du Sénat. Ne restent donc que les banques centrales en dernier ressort qui, comme l’a rappelé Christine Lagarde cette semaine, sont là pour maintenir les conditions de financement en augmentant inexorablement la taille de leur bilan quitte à pousser les valorisations des actifs à des niveaux records (cf. par exemple le graphique de la semaine). Ainsi, malgré la faiblesse de la reprise économique, les marchés financiers restent portés par les flux. A titre d’exemple, selon Morgan Stanley, l’offre nette sur l’obligataire Investment Grade euro serait de -38% cette année, -70% en incluant les achats de la BCE. Difficile, dans ces conditions, de voir un écartement massif des marges de crédit sur ce segment.

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