Wall Street et le monde d’après

 

Si le nombre de contaminations en France ne faiblit pas et reste bloqué sur un plateau relativement élevé, faisant craindre à tout moment une épidémie hors de contrôle, au niveau mondial, la situation sanitaire est clairement en amélioration. Aux Etats-Unis, le recul du nombre de contaminations depuis le début de l’année est tout bonnement spectaculaire. Plusieurs facteurs pourraient expliquer ce ralentissement : (i) le déploiement rapide du vaccin et le nombre très élevé d’américains déjà touchés par le virus auraient conduit à une « certaine immunité collective » ou, en tout cas, à un nombre de personnes immunisées déjà significatif (ii) depuis Thanksgiving, le brassage de population s’est réduit et (iii) la nouvelle administration Biden a fait de la lutte contre la Covid-19 sa priorité et a, par exemple, obligé le port du masque dans les bâtiments fédéraux. La vaccination de masse reste la principale porte de sortie à la crise et, sur ce point, Israël fait figure de benchmark avec près de 65% de sa population vaccinée. Si le nombre de cas décroît, notamment chez les plus de 60 ans avec une baisse des cas les plus graves, le fait que le pays soit en même temps confiné biaise un peu la lecture de ces données. A court terme, le principal risque reste donc inchangé : il s’agit de celui d’une propagation des nouveaux variants prenant de vitesse les campagnes vaccinales avec une inefficience des vaccins sur ces mutations. A ce titre, le vaccin d’AstraZeneca serait par exemple moins efficace sur le variant sud-africain, l’Afrique du Sud ayant d’ailleurs suspendu temporairement son programme de vaccination avec le laboratoire britannique.

Les marchés financiers, notamment actions, restent eux focalisés sur l’amélioration des données sanitaires et signent ainsi de nouveaux records historiques. Cet enthousiasme a été conforté par l’adoption, grâce à la voix de Kamala Harris, d’une résolution budgétaire ouvrant la voie au plan de relance voulu par Joe Biden qui pourrait finalement être voté à la majorité simple après un nouveau passage à la Chambre des représentants. Si l’ampleur totale de la relance (environ 25% du PIB en comptant les trois plans de relance) peut poser question, notamment sur l’absorption d’une telle quantité de création monétaire, elle reste un soutien majeur de la « recovery » de l’économie américaine. Car, si les indicateurs d’activité restent à des niveaux élevés, la publication des chiffres du chômage a déçu avec une révision à la hausse des destructions d’emplois en décembre (-227k au lieu de -140k initialement).

Enfin, en Europe, notons le probable retour de « super » Mario en Italie qui réussirait l’exploit de fédérer la majorité des partis politiques, et particulièrement les deux extrêmes, autour de sa personne pour former un gouvernement d’union nationale. Notons également la sortie de Christine Lagarde sur l’annulation de la dette détenue par la BCE qu’elle juge « inenvisageable » après une tribune de plusieurs économistes sur le sujet. Si le tabou dans le débat public est petit à petit en train de sauter, nous pouvons penser que le renouvellement systématique de dettes à taux négatif équivaut finalement au même.

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